Nos imaginaires, guides vers des futurs plus désirables ?

Quand les jeunes imaginent le futur

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23 août 2023
Et si l’eau venait à manquer ? Et si la fracture sociale s’intensifiait ? C’est le futur dans lequel nous emmène les jeunes lauréats du concours de synopsis de la Biennale ECOPOSS 2022. Après avoir rassemblé leurs écrits, les trois groupes sélectionnés par le jury du concours se sont retrouvés du 3 au 6 juillet 2023 pour filmer leur court métrage et emmener leur spectateur dans le futur, vingt ans plus tard.
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Les lycéens lors du tournage du court-métrage ©Bérénice Rolland

Thomas et Enora, deux orphelins essaient de survivre dans un monde où le manque de ressources et l’inégalité des richesses se fait ressentir. L’eau n’est plus potable, il faut se procurer des bouteilles spécifiques pour s’hydrater. Thomas réussi à s'en procurer une pour sa sœur, assoiffée. Celle-ci tombe malade à cause d’une affaire d’eau contaminée. Les deux adolescents vont être confrontés au monde médical, à un système de santé inexistant et à ses difficultés d’accès pour les plus pauvres. Thomas est face à un dilemme : pour sauver sa sœur, va-t-il participer au trafic d’organe en faisant don de son rein ? Les deux orphelins vont-ils survivre à cet enfer ? Comment le monde pourrait se relever et se créer un avenir joyeux ? Les jeunes lauréats du concours de synopsis de la Biennale ECOPOSS 2022 vont essayer de répondre à ces questions à travers leur film. 

Après avoir été sélectionné en octobre 2022, trois groupes de jeunes se sont rassemblés afin d’imaginer, ensemble, l’avenir. Cette vision sera visible lors de la sortie de leur court-métrage réalisé en collaboration avec Yohann Kouam, réalisateur et encadrant de l’ACAP, le pôle régional image, ainsi que des figurants provenant de la France entière pour transmettre leur futur souhaitable.  

 

Une course contre la montre 

Avant le tournage, le groupe entier s’est mis d’accord sur le synopsis. Pour des raisons de budget : pas de robot, pas d’hôpital en ruine. Il a fallu imaginer un autre monde pour demain, tout en gardant l’ambition et le message initial. 

Le tournage du court-métrage a débuté le 3 juillet. L’équipe de cinéaste s’est retrouvée face à une première problématique : la pluie. Ils ne pouvaient pas filmer une scène parlant du réchauffement climatique alors qu’il faisait 13 degrés dehors. 

“Le temps est l’ennemi”, pour Yohann Kouam tourner un film est une course contre la montre, il faut se méfier des minutes qui passent. Il a essayé de transmettre cette préoccupation à ses apprentis. Et ceux-ci l’ont bien compris. Entre chaque prise, ils courent, récupèrent des objets pour la prochaine scène, débutent le maquillage des figurants, s’organisent afin de maximiser le temps.  

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Les lycéens lors du tournage du court métrage ©Bérénice Rolland

Optimiste ou pessimiste, les lycéens exposent leur propre vision de l’avenir 

La plupart sont des lycéens, de profils plutôt scientifiques. Hors de leur quotidien, ils ont développé leur connaissance et leur créativité afin de réaliser ce projet. “Thomas et Enora peuvent être n’importe qui”, s’accorde à dire le groupe l'essentiel pour les lauréats est de mettre en avant les problèmes qui vont survenir. Ce projet cinématographique est dystopique, un processus cathartique pour dépasser les angoisses de la société ? Ils parlent à leur génération et espèrent leur transmettre leur prise de conscience : “c’est important d'être au courant des dangers parce que c’est nous qui allons les vivre”.  

 Malgré les drames visibles dans le court-métrage, Anne-Hélène Decotin, responsable de l’écriture du scénario et de l’organisation du tournage, reste positive : “on est assez intelligent pour que cela ne devienne pas comme ça […] la société est pervertie mais il y a toujours possibilité de faire quelque chose pour l’améliorer”. Sa compère, Yasmina Fenides est plus nuancée, elle doute face à l’inaction des grandes entreprises.  

Les deux lycéennes n'oublieront pas de sitôt cette expérience : “Je trouve ça incroyable qu’on ait pu réaliser un film”. 

 

Elisa DESPRETZ & Bérénice ROLLAND 

 

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