[PARTENAIRE] Café Méo – Edgar Meauxsoone : « notre processus industriel ne génère que très peu de déchets »

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23 octobre 2022
30 ans que l’entreprise centenaire Café Méo travaille sur les enjeux de RSE. De la culture du café à la recyclabilité, tout est pensé pour réduire son impact carbone. L’entreprise familiale transmet ses valeurs de protection de l’environnement de père en fils, raconte Edgar Meauxsoone, petit-fils des fondateurs du torréfacteur nordiste. Une démarche ancrée dans l’ADN de l’entreprise.
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Capsules de café méo 100% compostables

Café Méo est, avant tout, une histoire familiale avec une entreprise qui se transmet de père en fils depuis les années 20. Comment l’histoire a-t-elle débuté ?

Le groupe a été fondé en 1928 par mon grand-père et son frère, Emile et Jules Meauxsoone. Originaires de Belgique, ils ont fui le pays sous l’occupation allemande pour se rendre à Lille. Pour subvenir à leurs besoins, ils commencent à faire les marchés et vendent de la volaille, du lait et du café. A l’époque, il n’y avait pas de café de qualité, on disait alors « du » café. Les deux frères ont décidé de ne vendre que ce produit et ont créé la marque Méo, raccourci de leur nom de famille comme le voulait la tradition. La marque s’est, dès sa création, positionnée sur un créneau haut de gamme. Puis, elle s’est développée avec les brûleries. Les portes de ses boutiques restaient ouvertes et on sentait l’odeur du café torréfié dans la rue. A l’arrivée des grandes surfaces dans les années 60-70, la marque fait son entrée dans les magasins Auchan, l’enseigne nordiste.

 

Votre marque est pionnière dans son engagement écologique, de quelle façon ?

La marque est pionnière dans le domaine du commerce équitable et surtout du biologique. Mon père avait fortement investi dans le bio et actuellement, la marque est leader des cafés biologiques, bien présente sur le segment équitable et elle continue de mettre en place des actions pour développer la qualité, le respect du produit et de la matière.

 

Pour aller plus loin dans vos convictions, vous avez voulu mettre en place une démarche RSE ?

Mon père a fortement initié cette démarche depuis bientôt 30 ans. Notre dernière action : le passage de toutes nos capsules du plastique vers des capsules 100% compostables. Il suffit de jeter la capsule dans son compost pour la voir disparaître au bout de quelques mois. La plupart des acteurs du marché avaient abandonné le plastique pour l’aluminium qui se recycle mieux. Mais recyclage ne veut pas dire neutre en impact et nous avons préféré opter pour une démarche complètement neutre sur la fin de vie. Nous avons aussi mis en place des points de collecte avec les Alchimistes pour que nos boutiques recyclent le marc de café. Une fois celui-ci récupéré, il est valorisé dans du compost, de l’engrais naturel, du savon exfoliant ou encore en matériaux de construction. On recycle également nos sacs de jutes. Enfin, après torréfaction, la particule qui subsiste dans le fond de café va être compactée, pour en faire des briques et être recyclée. Notre processus industriel ne génère que très peu de déchet.

 

nous privilégions les cultures variées avec des plantes de café sous ombrage de bananiers, le tout dans ce qui ressemble à un verger, et une récolte faite avec des paniers en osier, à pied.

 

Vous proposez un café zéro déchet avec une forte valorisation du produit en fin de vie, mais qu’en est-il de la phase de fabrication ? Avez-vous mis en place des leviers avec vos fournisseurs ?

Un de nos plus gros postes en impact carbone est la déforestation, conséquence de la culture de café. La bonne nouvelle est que si l’on se contente des cultures existantes, on ne participe pas à la déforestation. On fait très attention dans le choix de nos coopératives avec une liste de prérequis pour une partie de notre gamme (marque Koota) : elles ne doivent pas avoir été créées sur un espace qui sert à la déforestation, au moins une partie de leur production doit être biologique et elles doivent être labellisées commerce équitable… Dans l’ensemble, nous privilégions les cultures variées avec des plantes de café sous ombrage de bananiers, le tout dans ce qui ressemble à un verger, et une récolte faite avec des paniers en osier, à pied. On estime qu’avec la prise de conscience des consommateurs et notre demande de cafés labellisés, nous aurons un impact sur l’amont : les producteurs de cafés vont se dire que s’ils veulent bien gagner leur vie, ils doivent vendre un café de qualité et vont privilégier ce type de culture. Le tout fonctionne seulement si tout le monde dans la chaîne veut vendre au juste prix.

 

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Affiche café méo responsable

 

Le juste prix ?

Il existe un juste prix pour chaque produit. Un café biologique, équitable et savoureux avec un impact carbone faible à un prix. Il faut que les consommateurs soient prêts à le payer. A mon sens, c’est le cas. Si on prend l’exemple d’une capsule, elle coûte très cher en comparaison d’un café en grains. Le consommateur est donc déjà prêt à payer 4 à 5 fois le prix de son café pour avoir de la praticité. Il sera donc prêt à payer un café neutre en carbone.

 

Les consommateurs peuvent-ils mettre en place des petits gestes pour réduire leur impact ?

Nous avons réalisé des études pour connaître notre impact carbone de la plantation à la recyclabilité. On constate, avec surprise, que le trajet en voiture du consommateur pour se rendre au supermarché a le plus fort impact. C’est la fameuse logique du dernier kilomètre. Le consommateur fait un trajet court, 5km en moyenne, mais dans une voiture individuelle, plusieurs fois par semaine et pour ne rapporter qu’entre 500g et 1kg de café. Le but de notre démarche n’est pas de forcer les consommateurs à changer leurs habitudes de vie, mais de mettre en place des actions qui peuvent les aider. Pour cela, nous travaillons sur le conditionnement de nos paquets avec des formats plus gros. Nous souhaitons aussi mettre en place des points de proximité de vente sous forme de casier, ou encore, nous misons sur la livraison en ligne neutre en carbone.

 

Vous travaillez sur une nouvelle marque, la plus neutre en carbone possible : Koota. En quoi cela consiste-t-il ?

Pour créer cette nouvelle marque que l’on souhaite ambitieuse sur son impact carbone, on sélectionne finement les coopératives jugées les plus responsables et on travaille avec elles pour les aider dans les années futures. Nous voulons aussi que le transport se fasse non plus dans un porte-conteneur, mais sur un voilier. Actuellement, ce type de transport n’est pas encore développé : seuls 3 ou 4 navires font le transatlantique. Mais on espère qu’en participant à leur développement, le prix baisse et que le trajet devienne rentable.

Bérénice ROLLAND

 

Pour en apprendre plus sur l’engagement de Café Méo pour le futur, rendez-vous à la Biennale ECOPOSS :

 

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